marți, 22 februarie 2011

ASLRQ anuntă faptul ca Cezarina Adamescu a devenit membru al asociatiei

Asociaţia Scriitorilor de Limbă Română din Quebec

Buna ziua dragi colegi,

tin sa va anunt ca doamna Cezarina Adamescu, in urma votului Comitetului executiv, a devenit membru in ASLRQ.

Personal, am fost placut impresionat de calitatea scrierii si forta creatoare a poetului, criticului, scriitorului Cezarina Adamescu.

Membrii ASLRQ:

http://www.aslrq.ro/ASLRQ_fichiers/membri.htm

Pagina doamnei Adamescu:

http://www.aslrq.ro/ASLRQ_fichiers/membri_files/adamescu.htm

Toate cele bune,

Ionut Caragea
vicepresedinte si co-fondator al ASLRQ

Cezarina Adamescu – Poezii

I.

Te chanterais-je, Étienne
Un lied diaphane
Concernant un amour sacré.
Je t’envoie cette bien longue
Chanson de Nibelung
Relative à ma sainte impiété
D’avoir voulu te chasser
De la chair, pes pores, des sentiments,
Te porter en terre avant ta mort
Dans un nouvel et secret agencement.
Ensuite temettre au monde,
De ma paupière toute de langueur
De mon coeur tellement migrateur.
Ainsi dois rester
Comme au jour premier
Blessure et opérateur,
Mon doux par trop amer,
Alonge de faveur
Et pluie de rosée sur mes paupières,
Mon lointain le plus proche sur cette terre…

II.

Cette chanson profane et mondaine
Cachée au fond d’une grotte roumaine
Parmi reliques de saints et martyres
Est écrite pour pian et violoncelle
Pour les mariés divins
Aux reflets enfantins.
Imprimés en caractères gras
De la flûte de Pan
À même le pavement céleste,
À la charniere d’un Jubilé
Année de grâce et de réconciliation.
Ecrite par moi d’un seul trait,
Cette humble élégie
S’avérera pour tous
Absolument
Et à l’envi
Inutile…

III.

Dis, Étienne, où peut-elle bien être
La terre promise
Dont on rêvait ensamble à l’Aurore
Après la fin des chutes de météores?
Cette terre dont on avait envie
Des nuits sans origine durant
Et plutôt infinies
Où je rôdais en courant autour de ton nom
Et comme une icône je te dorais
Dans un icônostase
Que j’étais seule à coontaître,
Car je te voulais absolu
Et ne pouvais pas te laisser
T’en détacher et tomber,
Au front abandonné par l’éternel infini
Et les mains fleuries par la mélancolie.
Pour voir comment le Rien-Tout
Déclinait
Dans ce suprême effort
De ne pas t’écrouler
De ta propre destinée.

VII.

J’arrive à présent d’un pas de zéphyr
Depuis un récent avenir
Orpheline de toi
Comme un oiseau ratatiné sur soi
Dont les petits désertérent le nid.
Fleur de cactus poussée au beau milieu du désert
Réduite toute à une épine imberbe
Bonne à égratigner
Le ciel superbe
De ces plaintes fort criardes
Comme le lamento des cuivres,
Langues de feu muées en faveurs et grâces
Vu que c’est la Pentecôte qui passe.

VIII.

Aïe, Étienne, Étienne,
Te voilà si beau et si fin
Pareil à une chanson sans fin,
Aux regards célestes
Doré comme tu es par moi, du reste
Comme ces être-là divins
Avec qui je me suis fiancée
Dans un tard aprés-midi…
Doré de poudres d’étoiles
Ton front, cette lourde toile
De lumière et rêverie
Comme celui des séraphins au Paradis…

IX.

Je fus fort inqiète
Comme l’oiseau qui dort tout en volant
Loin de toute l’envolée,
Sans se poser sur les murailles
Ou sur les remparts.
Allors, comment vais-je mourir
Sans même avoir vécu,
Rendue blême par la peur que va s’ensuivre
-sans faute-
ce qui jamais ne devrait
se produire ici-bas?!

X.

J-ai nimbé ton front, Étienne,
D’une auréole plus que diaphane,
Sans même me douter
Que ce nimbe, pour quoi j’ai tant peiné,
Sans le moindre répit,
Et si trompeur
Et se déchire
Si facilement,
Le farceur…

XVI.

Comme dans una chapelle toute de myosothis
J’entrais moi dans l’amour.
Des ailes de chérubins flottaient au-dessus
Et sur les mûriers
Yeux et bouches étaient dessinés,
Comme d’énormes papillons et colibris.
Tu dormais à même un pré en flammes
Et les cygnes noirs du voisinage
S’apprêtaient à t’offrir
Le Cantique des Cantiques…
Je n’avais pas de trêve d’essuyer
De mes cheveux humides
Ton front brûlant de tant de pourpre
Et j’épiais ta respiration.
Il y avait tant de paix en nous,
Comme dans la mer surnommée la Morte,
Que nous entreprîmes d’en boire les deux
Comme dans une amphore accorte…

XVII.

Sur tes ailes, Étienne,
Tu me portas sur les pics de l’illusoire
De l’Orient à l’Occident,
Dans un voyage durant un jour et une nuit
Vers le midi,
Au gré de la girouette
Sur les ailes d’un blanc éminent,
Pareil au blanc strident
De l’ivoire…
De nuit, nos deux coeurs
Se métamorphosaient en bagues bénites
De nos corps se détachaient mailles
Maillons et menottes,
L’on devenait blancs à cause des ténèbres,
Alors que toi, Étienne,
Tu te délivrais en courant
Sans même regarder en arrière,
En t’envolant invisible
Avant le milieu de la nuit,
Lorsque tu te devais encor de muer
En un cocon de soie,
Enveloppé dans la chrysalide
Comme dans una chlamide,
Afin de garder les entrées du Soi
Contre les importuns qui,
Armés de miroirs,
Eusent vite fait de tuer d’un poignard de lumière
Ta bacchante – la Reine mère.

XXI.

Aujourd’hui je suis envahie par toi
Comme un fer est dévoré par la rouille.
Des mes tréfonds jaillissent
Des flammes liquides,
Mais tes regards restent vides
Et tu ne comprends pas
Le cri si bien tu
Que je jette après toi dans l’absolu…

XXIV.

Comment t’oublier, ô, Étienne,
Attendu que ton sang
A fleuri
Tel un chyprès
Dans mon coeur?

XXVII.

Mes amis, dont Pablo,
Federico Garcia
Me hantent de leur poésie
Andalouse,
Alors que je suis grosse aux deux bouts
De toi, mon bien-aimé,
Comme le cont les vergers de chardons
Ruinés par le froid,
Trop tôt,
Trop tard
Fleuris…

XXVIII.

Trois violettes ai-je planté
Le printemps derniere dans ta paume.
D’une bien frêle grébe
Éboulée par pluies et neiges
Lesquelles chutent en de triomphales cascades.
J’effeuillais un oeillet d’Inde
Pour compter à part moi
Combien d’années-obscurité
Passeront
Avant que tu ne renonces
À toutes
Tes charmantes idylles?…

XXX.

Si beau tu étais,
Toutes les fois
Que tu me quittais pour là-haut.
A l’instar d’un sylphe-génie
Au ras de l’eau!
Je t’imaginais qui courais en sus
Droit vers Jésus.
Je restais moi sur la terre
Te faire des incantations,
Te chanter
Et rêver de toi à mes heures
Dans un immense jardin tout de fleurs.
Je persistais dans ta mémoire
Telle une reine qui règne
Sur un peuple de paroles, dans la gloire.
Telle une maîtresse des runes,
Du soleil et de la lune,
Telle une maîtresse des astres
À même de déchaîner des désastres
Impératrice
Sur des montagnes de papier dans l’âtre
Insipide comme une eau saumâtre,
Portant dans le triomphe sur le bras
Quelques dizaines de volumes posthumes
Écrits par des fantômes
Sans plérômes…

XLI.

Mais ne sois pas triste, Étienne,
Si j’ai tué ton nom,
Il m’était déjà étranger,
Plus étranger qu’un pavé,
Il ne signifiait plus rien –
Il avait perdu sa magie et son charme
Et s’éloignait déjà en boîtant
Comme un vieil aveugle,
En tâtonnant de son blanc bâton
Les pâles ombres de la Lune…

LV.

Sur ce, je me réveillai
Dans une embuscade de corps
Au fond d’ornières,
Écrasée par des larmes incendiaires
Sous le poids de regrets trop fiers,
Réduite à moitié par la pensée
De devenir
I n f i n i e…

XLIII

Comme quoi, tu devrais comprendre, Étienne,
Mon besoin impérieux d’être
Impitoyable envers Soi.
C’est même une langueur,
Un cri dans le desert,
Digne d’être pris en dérision.
C’est si facile de glisser dans la nuit
Engloutie par sa propre peur!
L’on dit que la lumière a de trop courtes ailes,
Par conséquent, la rattrapent,
Prêtes à l’étrangler,
De terribles ténèbre.
Quand saura-t-on, Étienne,
Combien de lumière gîte en nous
Et combien d’ombres perfides?
Mais toi, je te veux sans pareil,
Mon bien-aimé, sans défaut, sans ombres,
Afin que je puisse t’adorer
Au-delà de ces hostiles frontières…

LXVIII.

Je te légue donc, Étienne,
Bien que je le trouve déjà inutile,
Ce poème-testament, écrit à même les vagues,
Avec des franges d’écume,
Gravé dans la mémoire du roulement de l’eau,
Jusqu’à ce que ma fille, la mort,
Dont je vais bientôt accoucher,
T’enverra un signal télépatique,
Un message d’adieu, depuis un astral
Si près de nous
Que jamais il n’aura la force
De nous revenir,
Comme les oiseaux de passage depuis les pays chauds,
Par le sombre tunnel,
Aux sources azurées
Du Soi…

Le premier Février 2000,
Durant une nuit de fièvre, en proie au
délire
Et aux frissons.

traduction – Constantin Frosin

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